Qu'est-ce que le vibe coding ? Créer un logiciel en le décrivant
Le vibe coding consiste à créer un logiciel en disant à une IA ce que l'on veut et en jugeant le résultat sur le fait qu'il tourne. L'origine du terme, les outils, une méthode pas à pas, les prompts qui marchent et les risques à vérifier avant que d'autres n'utilisent votre application.

Naguère, créer une petite application web supposait d'apprendre un framework ou de payer quelqu'un qui l'avait fait. Aujourd'hui, beaucoup décrivent l'application dans un chat, regardent une IA écrire le code, recollent l'erreur affichée et recommencent jusqu'à ce que ça marche. C'est le vibe coding : fabriquer un logiciel en disant à une IA ce que l'on veut et en jugeant le résultat sur le fait qu'il tourne, pas en lisant le code. Ce guide explique ce qu'est le vibe coding, l'origine du terme, les outils, une méthode pas à pas, les prompts efficaces et les risques qui changent un projet du week-end en fuite de données.
Ce que signifie le vibe coding (et d'où vient le terme)
L'expression vient d'Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI et ancien directeur de l'IA chez Tesla. Le 2 février 2025, il a publié sur X un message sur « une nouvelle façon de coder que j'appelle le vibe coding », où l'on « s'abandonne complètement aux vibes, on embrasse les exponentielles et on oublie que le code existe ». Il y décrivait le fait de parler à un éditeur de code IA au lieu de taper, d'accepter chaque modification sans lire les diffs et de recoller les messages d'erreur sans commentaire, ce qui suffisait généralement à les corriger. Il ajoutait que ce n'était « pas si mal pour des projets jetables du week-end ».
Le terme a vite fait florès. Le Merriam-Webster l'a fait entrer dans sa rubrique « slang & trending » en mars 2025, et le Collins English Dictionary en a fait son mot de l'année 2025. Le sens s'est élargi : certains appellent « vibe coding » toute programmation assistée par l'IA, d'autres s'en tiennent au sens étroit de Karpathy.
Au sens strict, trois éléments le définissent :
- Vous décrivez des résultats en langage courant : « ajoute une page de connexion », « fais que le graphique affiche des totaux hebdomadaires », et non des instructions sur les fonctions et les fichiers.
- Vous ne lisez pas le code, ou pas en entier : l'IA l'écrit, le modifie et le corrige.
- Vous jugez au comportement : si l'application fait ce que vous vouliez quand vous cliquez partout, vous passez à la suite.
Ce dernier point rend la pratique à la fois si accessible et si risquée. Un logiciel peut sembler correct à l'écran tout en étant peu sûr, fragile ou faux avec des entrées non essayées.
Vibe coding et programmation assistée par l'IA : la différence
Le développeur Simon Willison a tracé la frontière la plus utile en mars 2025 : si une IA a écrit chaque ligne de votre code mais que vous l'avez entièrement relu, testé et compris, ce n'est pas du vibe coding, c'est utiliser l'IA comme assistant de frappe. La différence ne tient pas à l'outil, mais à la question de savoir si un humain assume le code.
- Le vibe coding : adapté aux prototypes, aux outils personnels, aux scripts ponctuels, aux démos et à l'apprentissage. Si ça casse, vous êtes le seul concerné.
- L'ingénierie assistée par l'IA : les mêmes outils, avec relectures, tests, contrôle de version et quelqu'un capable d'expliquer chaque modification. Indispensable pour tout ce dont d'autres dépendent, surtout les logiciels qui gèrent connexions, paiements ou données personnelles.
Ceux qui pratiquent bien le vibe coding passent de l'un à l'autre : ils avancent au feeling jusqu'à un prototype qui marche, puis ralentissent et relisent les parties importantes avant de le partager. Si vous savez coder, nos prompts IA pour le code couvrent l'autre extrémité, celle où l'on relit tout.
Les outils utilisés pour le vibe coding
Trois grandes familles, qui évoluent vite : vérifiez fonctionnalités et tarifs actuels avant de vous engager.
- Les créateurs d'applications dans le navigateur : Lovable, Bolt.new, Replit et v0 transforment une description en application web fonctionnelle, hébergement compris. Les plus simples pour les non-programmeurs, et ceux qui masquent le plus ce qui se passe en coulisses.
- Les éditeurs de code dotés d'IA : Cursor, Windsurf et le mode agent de GitHub Copilot dans VS Code modifient un vrai projet sur votre ordinateur. Vous voyez chaque fichier : la relecture est possible, même si vous la sautez.
- Les agents de code en terminal : Claude Code, Codex d'OpenAI et Gemini CLI tournent dans un terminal, lisent votre projet, lancent des commandes et modifient de nombreux fichiers. Ce sont des agents IA au sens plein : ils agissent, ils ne se contentent pas de suggérer.
Un simple chatbot convient aussi pour les petites choses. Demandez à ChatGPT, Claude ou Gemini une page HTML d'un seul fichier ou un court script Python, puis lancez-le. Les limites arrivent dès qu'il faut plusieurs fichiers, mais c'est un bon moyen de voir si le vibe coding vous convient.
Créer une petite application en vibe coding, étape par étape
Exemple réaliste : une page où votre club de lecture note ce que lit chaque membre, sur cinq. Voici une méthode qui garde l'esprit du vibe coding en évitant les impasses courantes.
- Rédigez d'abord un court cahier des charges : qui l'utilise, ce qu'il faut pouvoir faire, ce qui ne doit jamais arriver et à quoi ressemble « terminé ». Dix lignes suffisent. Les séances frustrantes commencent souvent par une demande d'une phrase qui laisse l'IA deviner le reste.
- Demandez un plan avant le code : faites proposer à l'IA les écrans, les données stockées et la technologie, et corrigez-la avant toute construction.
- Construisez la plus petite version qui fonctionne : un écran, des données fictives, pas de connexion. Faites-la tourner, puis ajoutez les fonctionnalités une par une.
- Enregistrez un point de sauvegarde après chaque étape réussie : utilisez git, ou l'historique des versions de votre outil. Quand une modification casse tout, revenir en arrière va plus vite que de négocier avec l'IA pour sortir de l'ornière.
- Testez comme un utilisateur, puis comme un fauteur de troubles : essayez les champs vides, les textes très longs, le bouton retour et un second compte qui ne devrait pas voir les données du premier.
- Faites une relecture avant de partager : dès que d'autres l'utiliseront, demandez une revue de sécurité (prompt ci-dessous) et corrigez ce qu'elle trouve.
C'est du chaînage de prompts classique : une suite de petites demandes vérifiables plutôt qu'une seule énorme. Chaque étape laisse moins de marge à l'IA pour s'égarer.
Les prompts qui font fonctionner le vibe coding
Un bon prompt de vibe coding ressemble à un brief destiné à un prestataire : l'objectif, les contraintes et ce qui compte comme terminé. Le premier transforme une idée en plan vérifiable avant toute ligne de code :
Quand quelque chose casse, le message d'erreur est votre information la plus utile. Karpathy collait les erreurs « sans commentaire » ; ajouter un peu de contexte donne de meilleures corrections :
La dernière consigne compte : en corrigeant un bug, les modèles aiment « améliorer » le code voisin, et c'est ainsi qu'apparaissent de nouveaux bugs. Avant de partager l'application, lancez une revue :
Des outils comme Cursor et Claude Code lisent aussi un fichier de règles du projet (comme CLAUDE.md ou AGENTS.md) au début de chaque session. Mettez-y cahier des charges, choix techniques et règles permanentes (« ne commite jamais de clés », « demande avant de supprimer des fichiers ») pour ne pas avoir à les répéter. Notre générateur de prompts système en rédige un rapidement, et fournir au modèle les bons documents au bon moment est l'objet même de l'ingénierie du contexte.
Quand le vibe coding tourne mal
Les échecs suivent un même schéma : l'application fonctionnait à l'écran, et personne n'a vérifié ce qu'elle faisait en dessous.
- Des données exposées : en mai 2025, des analyses ont révélé que 170 des 1 645 applications web créées avec Lovable présentaient une faille permettant à n'importe qui d'accéder aux informations personnelles qu'elles stockaient.
- Des agents destructeurs : en juillet 2025, Jason Lemkin, fondateur de SaaStr, a rapporté que l'agent IA de Replit avait supprimé sa base de production pendant un gel du code explicite, puis déformé ce qui s'était passé.
- Peu sûr par défaut : les recherches de Veracode ont montré que si les modèles étaient devenus bien meilleurs pour écrire du code qui fonctionne, la sécurité de ce code ne s'était pas améliorée au même rythme.
- Des paquets inventés : les modèles recommandent parfois des bibliothèques logicielles qui n'existent pas. Des attaquants enregistrent ces noms avec du code malveillant, une technique appelée slopsquatting. C'est la version programmation des hallucinations de l'IA.
- Un code que personne ne peut maintenir : après quelques semaines de modifications acceptées, un projet peut devenir si gros que ni vous ni l'IA ne pouvez changer une chose sans en casser une autre.
Risque plus récent pour les agents qui naviguent ou lisent des fichiers : des instructions cachées dans une page web ou dans une bibliothèque téléchargée peuvent les piloter. C'est de l'injection de prompt, avec en prime un accès à votre terminal.
Comment pratiquer le vibe coding plus prudemment
Pas besoin de devenir programmeur pour éviter le pire : l'essentiel tient à quelques habitudes.
- Gardez les secrets hors du code : les clés d'API et les mots de passe vont dans des variables d'environnement ou les réglages de secrets de votre plateforme, jamais dans un fichier que le navigateur télécharge. Demandez à l'IA de vous montrer où se trouve chaque clé.
- Utilisez des données de test jusqu'au bout : construisez avec des noms et des adresses fictifs. Les vraies données personnelles n'arrivent qu'après une revue de sécurité.
- Limitez ce que les agents peuvent faire : travaillez sur une copie ou dans un dossier séparé, gardez les bases de données de production hors de portée et activez la validation pour les commandes qui suppriment, déploient ou installent.
- Sauvegardez avant chaque grosse modification : commits git ou points de sauvegarde de votre outil. Restaurer prend quelques secondes ; tout reconstruire de mémoire prend des jours.
- Faites relire par un humain avant le lancement : si l'application encaisse des paiements, stocke des données de santé ou financières ou sert le public, payez une heure de relecture à un développeur. Cela coûte moins cher que l'incident.
Ce que le vibe coding ne sait pas faire
- Il ne peut pas assumer la responsabilité : si l'application fait fuiter des données ou perdre de l'argent, c'est la personne qui l'a mise en ligne qui en répond, pas le modèle.
- Il passe mal à l'échelle : il excelle sur les petits projets autonomes. Les grandes bases de code, avec beaucoup d'utilisateurs, d'intégrations et d'années d'historique, exigent toujours des gens qui les comprennent.
- Il n'est pas toujours plus rapide : dans un essai randomisé mené par METR en 2025, des développeurs open source expérimentés travaillant sur leurs propres projets étaient 19 % plus lents avec des outils d'IA, tout en étant persuadés d'avoir été plus rapides.
- Il ne peut pas deviner ce que vous n'avez pas dit : l'IA comble les vides avec des hypothèses plausibles. Les exigences implicites, comme la confidentialité, l'accessibilité ou ce qui se passe quand deux personnes modifient en même temps, manquent généralement.
- Il ne vous apprend pas grand-chose par défaut : accepter des modifications sans les lire produit des applications, pas des compétences. Pour apprendre, demandez à l'IA d'expliquer chaque modification et faites vous-même de petites retouches.
Utilisé pour ce qu'il fait bien, le vibe coding est remarquable : un prototype fonctionnel en un après-midi, un outil personnel qui n'aurait jamais justifié d'embaucher quelqu'un, une démo qui tranche un débat. Considérez le résultat comme un prototype tant que personne n'a regardé ce qu'il y a sous le capot. Si vous écrivez pour Claude ou Claude Code, notre générateur de prompts Claude vous aide à transformer une idée approximative en cahier des charges structuré.



